Blue Paper, une success story

Blue Paper a inauguré son installation CSR (combustion solide de récupération), étape complémentaire à la conversion réussie de la papeterie au papier pour ondulé.

L'entreprise strasbourgeoise avait ouvert ses portes aux participants de la journée technique de l'Atip quelques jours avant l'inauguration officielle de son installation CRS. L'occasion de visiter un site papetier emblématique d'une reconversion réussie. Car Blue Paper, comme le dit avec enthousiasme son directeur François Bru, est une success story. L'histoire d'un site qui a réussi sa conversion de la fabrication de papier graphique à celle de papier pour ondulé. Et qui vient d'inaugurer ce mois-ci une installation unique de CSR (combustible solide de récupération).


 

La genèse d'une reconversion

En 2000, la pâte est arrêtée et la demande de papier journal entame sa longue décroissance. UPM passe la machine à la fabrication de LWC mais là aussi le marché s'effondre. UPM en 2011, après 20 ans de tentative pour rendre ce site rentable, décide de le vendre. Mais le groupe finlandais met des conditions à la revente et exige que le site soit reconverti. Seule conversion possible, le papier d'emballage. Deux investisseurs sont intéressés, le belge VPK Packaging et l'allemand Klingele, déjà associés sur un projet de machine et qui vont reprendre ensemble à 50/50 la papeterie de Strasbourg.


 

L'énergie, un deuxième métier

Aujourd'hui, Blue Paper réalise 160 M de chiffre d'affaires, génère de la marge et emploie 160 salariés pour un fonctionnement traditionnel en cinq équipes. L'investissement total a été de 100 M d'euros pour reconditionner la machine, hors coût d'acquisition. ET 50 M qui suivent, 25 M pour la CSR et 25 M dans les investissements divers, essentiellement de l'énergie. « L'énergie devient notre second métier », affirme François Bru. Le pôle énergie chez Blue Papier, c'est une biomasse de 40 mW haute pression avec turbine derrière, quatre chaudières à gaz produisant 80t de vapeur qui n'est pas utilisée en totalité mais peut servir de back-up et la nouvelle CSR de 22 mW. S'y ajoute une station d'épuration conséquente en capacité hydraulique avec un stade de méthanisation pour valoriser les eaux plus chargées et, derrière le biogaz, un moteur à gaz produisant 2 mW d'électricité. « Nous avons un compte énergétique plutôt équilibré. Ce n'est pas encore l'activité qui nous fait gagner le plus d'argent, mais elle peut nous éviter d'en perdre car notre activité énergie n'est pas soumise aux fluctuations du marché! »


 

L'usine aujourd'hui

L'usine a une capacité autorisée de 400 000 t et va en produire 390 000 t cette année après six ans de fonctionnement, donc proche de son maximum.

Les grosses modifications sur la machine en 2013 ont été réalisées sur la section toile où le former vertical est remplacé et à la sécherie avec le rajout d'équipements de décontamination, ainsi que le changement de sizer en section presse et le rajout d'une post-sécherie à la place d'une super-calandre devenue inutile. L'espace a été inchangé.

Le parc vieux papiers compte 12 000 t de stockage, soit moins de dix jours. Et l'usine a été l'un des premiers sites industriels français à obtenir la certification 50001. Les produits : de la cannelure et du liner pour le carton ondulé uniquement, entre 80 et 120g, entièrement à partir de recyclé. Et la papeterie commence à fabriquer des papiers renforcés, c'est-à-dire des papiers dont on ne change pas le grammage mais auxquels on rajoute des adjuvants chimiques pour renforcer leurs propriétés mécaniques. Le premier marché de Blue Paper est l'Allemagne, le deuxième la France. Viennent ensuite la Pologne, l'Espagne, l'Italie...

« Nous vendons 80% de notre production à l'extérieur, donc nous ne sommes pas encore très intégrés. Seulement 20 % vendus à nos actionnaires. Et 70 % de notre production est exportée. »


 

L'installation CSR, un prototype

La préparation pâte est basique, le seul point technique étant l'épuration pour sortir les contaminants de la pâte recyclée. Il y a chaque année 25 000 tonnes de rejets de procédés à traiter… d'où l'installation CSR pour échapper aux filières de valorisation devenues totalement déséquilibrées et très coûteuses (entre 125 à 135 euros la tonne), estime François Bru. Il n'y a plus assez de capacité de chaudière.

La CSR, projet Blue Circle, a démarré au printemps dernier et n'est pas encore à son rythme de croisière. « Il y a encore beaucoup de travail à faire sur ce prototype, commente François Bru. C'est le seul projet CSR aidé par l'Ademe qui soit opérationnel. Mais à l'arrivée, on en attend un triple bénéfice : une économie de gaz naturel, une économie de prestation puisque l'on n'envoie plus les déchets se faire traiter et, comme l'installation est surdimensionnée (45 000 t de capacité) par rapport aux besoins de l'usine (25 000 t), elle pourra proposer ses services aux autres papetiers. C'est une opportunité », conclut François Bru 

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